La transition écologique est un défi qui concerne tous les secteurs d’activité, y compris celui du grand âge. Alors que la part des seniors dans la population ne cesse de croître, l’impact environnemental des structures qui les accueillent devient une question cruciale. Les maisons de retraite, par leur fonctionnement 24 heures sur 24, sont des établissements énergivores, générant une empreinte carbone significative. La prise de conscience est en marche, et la réduction de cet impact représente un enjeu d’avenir pour assurer un mode d’accueil à la fois respectueux des personnes et de la planète. Cet article explore les données disponibles et les pistes d’action pour un secteur plus durable.
Le bilan carbone des EHPAD : un paysage à cartographier
Les données disponibles, bien que parcellaires, donnent un premier aperçu de l’empreinte environnementale des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD). Comme le révèlent les bilans carbone publics de certains établissements, les émissions de gaz à effet de serre sont principalement issues des énergies fossiles (chauffage au gaz ou au fioul, par exemple), qui relèvent du Scope 1.
Les différences observées entre les établissements, comme les émissions de scope 2 bien plus élevées pour la maison de retraite de Bellevue (318 tCO2e) que pour Mon Repos (57 tCO2e), soulignent l’importance des choix techniques (type de chauffage, source d’électricité) et de l’efficacité énergétique des bâtiments. Une piste d’amélioration évidente réside dans la rénovation énergétique des infrastructures, souvent anciennes, pour réduire cette consommation.
Au-delà de l’énergie : l’impact de la chaîne de valeur
Si l’énergie est un poste majeur, l’analyse doit s’étendre au Scope 3, qui inclut les émissions indirectes. Ce périmètre, souvent non comptabilisé dans les bilans actuels, englobe pourtant des activités très significatives :
- L’alimentation : le transport des denrées, la nature des produits (locaux vs. importés) et le gaspillage alimentaire.
- Les achats de biens : notamment les produits médicaux à usage unique, qui génèrent également d’importants déchets.
- La mobilité : les déplacements des résidents, des visiteurs et du personnel.
Intégrer le Scope 3 dans les bilans est essentiel pour avoir une vision complète de l’impact et identifier des leviers d’action plus larges, comme les circuits courts ou l’éco-conception des achats.
Résidence senior à Paris : vers un nouveau modèle ?
Dans ce contexte, le modèle de la residence senior Paris et dans les grandes villes peut offrir des alternatives intéressantes. Ces structures, conçues pour des personnes autonomes, présentent des atouts en matière de durabilité. Leur localisation en centre-ville réduit la nécessité de déplacements motorisés, permettant aux résidents de profiter des commerces et services de proximité. De plus, la concentration des logements dans un même bâtiment est souvent plus efficace énergétiquement que des pavillons dispersés.
L’offre s’organise pour répondre à cette demande, avec des acteurs proposant des appartements adaptés, du studio au trois pièces, incluant des services qui facilitent la vie quotidienne. L’enjeu pour ces résidences est de poursuivre l’innovation en intégrant dès leur conception des normes environnementales strictes (bâtiments basse consommation, énergies renouvelables, etc.).
Une nécessaire évolution
Réduire l’empreinte carbone des maisons de retraite n’est pas une option, mais une nécessité. Cela passe par une meilleure mesure des émissions, la définition d’objectifs de réduction ambitieux et la mise en œuvre de plans d’action concrets, tant sur l’efficacité énergétique que sur les achats responsables ou la mobilité. Les pouvoirs publics, les bailleurs sociaux et les familles sont de plus en plus sensibles à ces questions. Les établissements qui s’engageront résolument dans cette voie ne contribueront pas seulement à la préservation de l’environnement ; ils répondront aussi à une attente sociétale croissante et construiront un argument différenciant pour l’avenir.
